Rabelais des jeunes talents

François Rabelais

Franiois Rabelais

La petite histoire de François Rabelais
Écrivain français (1494/1553)

On ne sait rien de précis sur la première éducation de François Rabelais. En 1520, il est au couvent du Puy-Saint-Martin, à Fontenay-le-Comte. C’est là qu’il étudie le grec avec ferveur. Mais la Sorbonne, inquiète de la publication des « Commentaires d’Erasme », fait confisquer les livres grecs de Rabelais.

Vers 1524, il est autorisé, grâce à Clément VII, à intégrer l’Ordre des Bénédictins de Maillezais, qui va devenir pour lui un refuge propice au travail intellectuel. Mais dès 1527, il quitte les Ordres et, en 1530, s’inscrit à la faculté de Médecine de Montpellier. Il devient médecin à Lyon, sans en avoir encore le titre. Dans cette capitale de la librairie, il publie, en 1532, les « Aphorismes d’Hippocrate », puis le premier livre de ses « folastries » : « Horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel », ainsi qu’un almanach facétieux, « La Pantagrueline Prognostication ».

Son nouveau protecteur se nomme Jean Du Bellay, évêque de Paris et diplomate. En octobre 1534, il publie la « Vie inestimable du grand Gargantua », père de Pantagruel. En 1546, il publie le « Tiers Livre des faits et dicts héroïques du noble Pantagruel ». La Sorbonne trouve l’ouvrage « farci d’hérésies diverses » et le condamne, comme les précédents. Rabelais s’enfuit à Metz et, toujours sous la protection de Du Bellay, devient curé de Meudon, pendant les deux dernières années de sa vie.

Rabelais n’a jamais cessé d’être lu, même aux XVIIe et XVIIIe siècles, où l’oeuvre de la Renaissance est pourtant méconnue. Mais on n’apprécie guère, alors, sa verve gauloise. C’est Chateaubriand qui le remet à sa place, en le considérant comme le créateur des Lettres Françaises. Rabelais possède l’insatiable appétit qui caractérise les humanistes de la première moitié du XVIe siècle : Gargantua et Pantagruel sont un moyen, sous une forme parodique et bouffonne, d’évoquer tous les grands problèmes de son temps. Par réaction contre l’esprit médiéval, les idées de Rabelais expriment son horreur de l’ascétisme et des superstitions, sa confiance dans la nature humaine et dans la science, qui doit mener l’humanité au progrès. Il garde son indépendance d’esprit et sa philosophie trouve dans la raison les sources d’une sérénité parfaite et d’une large indulgence aux folies humaines.

Rabelais fait du rire un remède contre les désillusions. Rabelais a le don du verbe, le don de la vie et le goût du détail concret et pittoresque. Sa plaisanterie contient toutes les formes du comique et son adresse verbale fait le charme des anecdotes. Il n’y a pas de rancune dans sa satire, mais un rire franc, de l’humour, une gaîté exubérante. Le mélange de détails savants et populaires, de réalisme et de fantaisie, de grossièretés et d’observations délicates, constitue l’énigme et le charme de ses livres. C’est ainsi qu’ils sont le « charme de la canaille » et le « régal des plus délicats ». Leur gloire est d’annoncer La Fontaine et Molière et de représenter les trésors de l’esprit français.

Sujet issu du dossier de presse Média-Pass