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De nouveaux allergènes

L’Union européenne (UE) avait déjà publié une liste de 14 allergènes que l’on peut trouver dans l’alimentation : fruits à coque, céréales contenant du gluten, oeuf, arachide, lait de vache, céleri, soja, sésame, lupin, moutarde, poisson, crustacés, mollusques et sulfites et métabisulfites. A des degrés divers, les autorités sanitaires de l’UE ont observé des réactions allergiques possibles avec ces aliments.

Mais la mode qui touche aussi notre nourriture et les excès de certains produits ont conduit  l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) à éditer une liste complémentaire de 15 nouveaux allergènes dont la plupart sont des aliments courants : carotte, kiwi, banane, pêche, figue, mangue, pomme, avocat, lait de chèvre ou de brebis, sarrasin, pois, lentilles, pignons de pins, α-galactose (présent dans la viande de mammifère), anisakis (un parasite parfois présent dans certains poissons). Ces « allergènes émergents » exposent les personnes allergiques à des risques parfois plus élevés que ceux déjà observés.

Pour certains de ces produits, le marketing est pour beaucoup dans la surconsommation qui en est faite depuis quelques années à l’image de l’avocat que l’on a soudainement paré de beaucoup de vertus ou encore du lait de chèvre qui entre maintenant dans la composition de nombreuses préparations. Il a largement bénéficié de la mauvaise réputation faite à celui de vache. On a dit qu’il était plus digeste, riche en vitamine, moins calorique, etc. Son omniprésence dans beaucoup nouvelles préparations « dans le vent » a fait resurgir chez nombre de consommateurs une intolérance jusque là en dormance. Même chose pour le kiwi, champion de la vitamine C que l’on trouve toute l’année et cultivé en France ; les pignons de pin qui squattent les apéritifs et les salades ; ou encore les lentilles, merveilles pour la santé, mais qui, consommées à l’excès, provoquent des réactions anaphylactiques.

Le pire est que plusieurs aliments contenus dans cette nouvelle liste (comme la carotte, les pêches ou les figues) très bons à la santé, contiennent des molécules allergènes communes avec les produits mis en avant par le marketing outrancier de certains groupement d’intérêts. Mangeons sainement, mais avec raison et en respectant la variété nécessaire à notre bien-être.

L’Anses souhaite développer une information de masse auprès des consommateurs sur les risques liés aux allergies alimentaires avec deux guides de bonnes pratiques. L’un destiné au corps médical pour améliorer la prise en charge des patients atteints d’allergies et l’autre pour les personnes allergiques voyageant à l’étranger afin de les aider dans leurs choix alimentaires.