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Les insectes peinent à envahir nos assiettes

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Des insectes, nous en consommons déjà sans le savoir. Environ 500 g par an selon l’entomologue Marcel Dicke. C’est le résultat d’une contamination involontaire et très courante des fruits et légumes utilisés par l’industrie agroalimentaire. Les produits les plus touchés sont les jus de fruits en brique, les confitures et les soupes de légumes en brique ou en conserve. Sans oublier bien sur tous les aliments contenant du A120, colorant rouge qui n’est que du jus de cochenilles concentré.

La consommation volontaire dans un but alimentaire est déjà bien établie dans plus de 90 pays selon la FAO, essentiellement dans des pays en voie de développement où l’on croque plus de 1400 espèces.

La consommation d’insectes présente plusieurs avantages :

  • Un excellent rapport poids/protéines et une qualité nutritionnelle et énergétique bien supérieure aux viandes traditionnelles.
  • Des risques sanitaires limités en raison de leur facilité de conservation. 
  • Des modes d’élevage très « légers » en matière environnementale : 10 kg de nourriture animale produisent 1 kg de bœuf, 3 kg de porc, 5 kg de poulet et 9 kilos de sauterelles.
  • Un rendement alimentaire inégalé : il est possible de manger 75% de la masse d’une sauterelle contre seulement 21% pour le poisson.

Des risques possibles

Mais comme tout produit alimentaire nouveau, les insectes devraient obtenir l’autorisation de mise sur le marché délivré par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSE). Aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas. L’agence émet un certain nombre de réserves, en particulier sur les allergènes potentiellement présents dans les insectes et communs à tous les arthropodes (mollusques, crustacés, acariens, etc). En effet, ils sont assimilés aux coquillages et crustacés et présentent donc les mêmes risques.

Même si les capacités de conservation des insectes sont meilleures que pour d’autres produits carnés, il ne faut pas négliger les risques de dégradation dûs à de mauvaises conditions de conservation (parasites ou champignons) ; la présence de produits indésirables comme les venins, des médicaments vétérinaires, des pesticides, ou encore des polluants de l’environnement des élevages.La préparation de certains insectes doit être minutieuse pour éviter la présence de dards ou de rostres.

Pour l’instant, l’élevage et la commercialisation des insectes ne fait l’objet d’aucun encadrement règlementaire ni d’aucune norme et autorisation de mise sur le marche de la part de l’ANSE. La plus grande prudence est donc de mise

D’autre part, la création d’une filière de production d’insectes, comme tout élevage en captivité et d’abatage d’animaux pose la question éthique du bien-être animal totalement inexploré dans ce domaine.