Magazine

Le doggy bag sera-t-il bientôt obligatoire ?

Le principe est louable : emporter chez vous la part non consommée de votre commande dans un restaurant, un café, un salon de thé ou dans tout autre lieu de consommation sur place de nourriture.

Le principe, importé des pays anglo-saxon, existe déjà de manière informelle dans nombre d’établissement, mais il s’agirait de l’inscrire dans la prochaine “loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable”. Cette obligation pourrait intervenir le 1er juillet 2021.

Elle est le fruit d’un amendement parlementaire adopté par la Commission du Développement Durable à l’Assemblée Nationale qui prévoit que “Les restaurants et les débits de boissons à consommer sur place mettent gratuitement à la disposition de leurs clients des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place”.

Pour les restaurateurs, il s’agit d’une mesure “gadget” dont l’intérêt reste à démontrer. Pour le GNI*, “cette mesure est déconnectée de la réalité”. Selon Laurent Frechet, Président des restaurateurs du GNI “Nos clients ne demandent quasiment jamais de doggy bag. Ce concept anglo-saxon ne prend pas en France et c’est logique : Nous ne pratiquons ni les buffets à volonté ni les plats taille XXL qui sont des gouffres à gaspillage alimentaire. Nous nous avons appris à servir des plats avec la juste quantité de nourriture, celle qui correspond aux besoins en nutrition quotidiens de nos clients. Il n’y a pas de gaspillage alimentaire car il n’y a presque jamais de restes dans les assiettes de nos clients. Et si parfois cela arrive, nous proposons alors nous même à nos clients d’emporter ce qu’ils n’ont pas pu consommer. Il n’est pas nécessaire de voter une loi pour ça.”

Une nouvelle obligation qui pourrait coûter cher aux restaurateurs avec l’achat d’emballages qui risquent de finir au fond des réserves sans être utilisés. Une autre forme de gaspillage. Le GNI milite pour d’autres formes d’actions : “une véritable filière de collecte et de valorisation des biodéchets. Nos biodéchets sont des matières premières secondaires qu’il faut cesser de brûler ou d’enfouir car nous savons en produire de l’énergie.”

*GNI : Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie & de la Restauration