Magazine

Num-Ali, la plateforme de l’agroalimentaire 

Connaître ce que l’on mange est une préoccupation légitime que les consommateurs avaient un peu abandonnée au profit du “pas cher” à tout prix. Quelques scandales plus tard, cette préoccupation revient sur le devant de la scène.

Quoi de mieux qu’une application smart phone pour tout connaître d’un aliment. Yuka, une appli indépendante a pris les devants. Mais, qui dit intérêt des consommateurs dit aussi profits possibles et les industriels du secteur se sont intéressés à la question.

Sur des fonctionnalités proches de celles de Yuka, l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) projette la mise sur le marché d’une appli, nommée Num-Alim, pour scanner les produits alimentaires de la grande distribution à partir d’une base de donnée nourrie potentiellement par les 17 000 entreprises adhérentes de l’ANIA.

Sur le principe, très bien. Mais l’association regroupe des industriels du sucre, des produits surgelés, de la conserve et de grands groupes comme Ferrero (propriétaire du célèbre Nutella), Coca-Cola, ou encore Mars.

L’investissement pour créer cette nouvelle application Num-Alim s’élève à 6,2 millions d’euros dont la moitié serait prélevée sur des fonds publics du Secrétariat général pour l’investissement, dépendant des services du premier ministre. Autre point sensible, pour être présentes sur Num-Alim, les entreprises devrait payer une adhésion à l’organisme de standardisation GS1. Le FFAS (Fonds français pour l’alimentation et la santé) est également partenaire de l’appli dont la première version sera disponible en septembre 2019.

Il faut rester attentif à la qualité et surtout à l’exhaustivité des données contenues dans cette base pour éviter la tentation d’omettre des informations désavantageuses comme le classement dans le Nutri-score.

Illustration : Pierre Hédrich