Edito

Gastronomie ?

Du champ, de l’étable, du poulailler, du jardin, du verger, etc… à l’assiette.

Pourquoi dans un site d’information sur la gastronomie traiter d’agriculture, d’alimentation, de terroirs ou de transformation des produits ? Pourquoi ne pas se borner à la partie cuisine : des recettes, des restaurants, des tours de mains, etc. ?

Parce que, selon la définition que donne Anthelme Brillât Savarin de la gastronomie, celle-ci est “transversale”, même “transgenre”. Pour ce grand épicurien, la gastronomie est “la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l’homme, en tant qu’il se nourrit.” Bien loin des préoccupations mercantiles des industriels et des nourrisseurs de masse. Son but – à la gastronomie – “est de veiller à la conservation des hommes, au moyen de la meilleure nourriture possible.”

Fichtre, méditons devant le sachet de gâteaux que l’on donne à nos enfants pour leur goûter ou le moindre plat cuisiné, … et comptons le nombre de Exxx dans la composition.

Anthelme exhorte à la rigueur et implique tout le monde :“Elle y parvient en dirigeant, par des principes certains, tous ceux qui recherchent, fournissent ou préparent les choses qui peuvent se convertir en aliments.”

Comme il a raison, car la gastronomie régit la vie tout entière,”les pleurs du nouveau-né appellent le sein de sa nourrice”, jusqu’aux vieillards qui trouvent un réconfort dans quelques liqueurs ou sucreries. Du plus grand des moments à la plus minuscule de ses actions la gastronomie apporte des réponses “car si c’est elle qui dirige les “banquets dès rois rassemblés, c’est encore elle qui a calculé le nombre de minutes d’ébullition nécessaire pour qu’un œuf soit cuit à point.”

Pour le bien de la collectivité, il serait temps que nous retrouvions, individuellement, les préoccupations supérieures que regroupe la gastronomie et que nous fassions le lien entre toutes ses composantes, tous ses acteurs.

Voilà pourquoi, au fil de nos pages, nous allons tenter de cultiver cette dimension qualitative et globale de la gastronomie. Merci à Brillât Savarin, notre inspirateur.

Jean-François PARIS

Pour ne pas rester sur la faim, voici la fin de la définition de la gastronomie selon Brillât Savarin. Ecrite en 1825 dans son ouvrage la Physiologie du goût, sa dimension omnisciente est très moderne. Il est regrettable que seuls les termes économiques dominent le 21ème siècle.

“La gastronomie tient :

  • A l’histoire naturelle, par la classification qu’elle fait des substances alimentaires.
  • A la physique, par l’examen de leurs compositions et de leurs qualités
  • A la chimie, par les diverses analyses et décompositions qu’elle leur fait subir.
  • A la, cuisine, par l’art d’apprêter les mets et de les rendre agréables au goût.
  • Au commerce, par la recherche des moyens d’acheter au meilleur marché possible ce qu’elle consomme, et de débiter le plus avantageusement ce qu’elle présente à vendre.
  • Enfin, à l’économie politique, par les ressources qu’elle présente à l’impôt, et par les moyens d’échange qu’elle établit entre les nations.”