“Année de la gastronomie”, un label pour relancer la profession

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Le village italien à Lyon, tous les ans, un marché gastronomique italien

La France se targue d’être la nation de la gastronomie. Une idée largement battue en brèche par les revers de nos chefs dans les concours internationaux ces 15 dernières années et l’émergence de grands noms de la cuisine aux Etats Unis, en Espagne, dans les pays nordiques et en Asie du sud-est. La récente 3ème place de la France à la Coupe du Monde de Pâtisserie – première défaite depuis 1989 – en est une parfaite illustration.

Depuis 10 ans et le classement par l’UNESCO du repas gastronomique français au patrimoine immatériel de l’humanité, au titre qu’il s’agit d’une « pratique sociale coutumière, destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes » l’État ne s’était pas particulièrement intéressé aux acteurs de la gastronomie.

Si la crise sanitaire a eu des effets désastreux sur les métiers de bouche, elle a eu au moins le mérite de mettre en lumière les difficultés de la profession et d’attirer la sympathie et la considération des gouvernants.

En témoigne, la visite du Président de la République Emmanuel Macron, lundi 27 septembre 2021, à la 20e édition du Sirha à Lyon, grand rendez-vous des professionnels de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation. Une visite inédite pour un chef d’État.

Au cours de cette visite, il a annoncé sa volonté de soutenir l’ensemble de la filière de la restauration et de faire rayonner le savoir-faire culinaire français, des producteurs aux restaurateurs. Le Président a chargé Alain Griset, ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises est a en charge la mise en place du label « Année de la Gastronomie ».

Le label année de la gastronomie

Pour soutenir les restaurants

« L’année de la gastronomie » découle des travaux menés par Guillaume Gomez, ancien chef de l’Elysée pendant 25 ans et nommé au poste de représentant personnel du président de la République auprès des acteurs et réseaux de la gastronomie et de l’alimentation.

Un label a été crée pour des lauréats qui doivent respecter une « Charte des valeurs pour une gastronomie humainement engagée, appel à projets, labellisation et subvention… L’État, avec l’année de la gastronomie, soutient l’ensemble de la filière, des producteurs aux restaurants. »

Cette année est découpée en quatre grandes thématiques :

  • l’hiver de la gastronomie engagée et responsable,
  • le printemps de la gastronomie inclusive et bienveillante,
  • l’été pour célébrer le partage et le vivre-ensemble,
  • l’automne des producteurs.

Une charte, dix engagements

Une charte a été rédigée. Elle prône un retour à l’authenticité, au local et à l’humain avec une gastronomie « bonne pour la société, parce qu’équitable (par une juste rémunération des acteurs, producteurs, restaurateurs, cuisiniers, personnels de salle), inclusive (handicap), ouverte (sans élitisme ni démagogie), et conviviale, parce que se nourrir ensemble est un bonheur partagé, et que la conversation est le couronnement du repas gastronomique des Français, inscrit par l’Unesco ».

Les restaurateurs, producteurs, artisans de l’alimentation pourront, déposer des projets qui seront analysés « au plus près des territoires » par le réseau des Chambres de commerce et d’industrie (CCI). Les lauréats bénéficieront du label « Année de la Gastronomie » et recevront un soutien financier de l’État compris entre 20 000 euros et 50 000 euros en fonction du budget global du projet.