L’Afrique à l’étoile

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Mory Sacko, jeune chef du restaurant Mosuke

Fils d’immigrés, 6ème enfant d’un père maçon et d’une mère femme de ménage, Mory Sacko a vite conscience qu’il n’était pas destiné « à devenir cadre à 25 ans ». Mais Mory a réalisé ses rêves. La naissance et le statut social n’étaient pas dans sa corbeille de naissance. Il les a remplacés par une conviction sans faille dans ses rêves.

Enfant, sa mère lui interdisait l’entrée de la cuisine, territoire réservé aux femmes. Mais Mory est fasciné par les documentaires à la télévision sur les palaces et la cuisine de prestige. Il est aussi captivé par la culture japonaise.

BEP cuisine suivi d’un bac pro cuisine et arts culinaires apparentés lui ouvrent les portes des premières cuisines. Ne cédant pas à la facilité, Mory vise parmi les plus exigeantes : le Royal Monceau, le Shangri-La et enfin la brigade du Mandarin Oriental chez Thierry Marx.
Candidat de Top Chef en 2020, il ne remporte pas la finale. Beaucoup mieux, il peut annoncer sa volonté d’ouvrir son propre restaurant et son ambition d’être étoilé Michelin. Un superbe coup de com.

Mosuké, un nom de référence

Logo du restaurant Mosuke de Mory Sacko

Ouvert dès le 1er septembre 2020, le premier restaurant de Mory Sacko s’appelle Mosuke : la première syllabe de son prénom et la fin de « Yasuke » en référence au premier samouraï noir – est ancien esclave – du Japon.
Après seulement 2 semaines, il reçoit le prix « Jeune talent » par le Gault & Millau. « La liste, classement des 1000 meilleurs restaurants du monde, le désigne comme un des « cinq chefs les plus prometteurs au monde ». Et enfin, la consécration de son rêve, il reçoit, le 18 janvier 2021, sa première étoile au guide Michelin. Un exploit quand on sait qu’il faut au moins une décennie à la plupart des grands chefs pour l’obtenir.

Une cuisine vraiment novatrice

On est loin de la cuisine dite « fusion » et de ses dérives.
Certes les influences sont plurielles : françaises, africaines et japonaises. Mais les saveurs que propose Mory Sacko ne mélangent pas seulement, elles harmonisent, modernisent sans perdre de leurs racines. C’est moderne, novateur, international, poétique et coloré, mais il s’agit bien d’une cuisine africaine. On ne s’y trompe pas.

Pour Mory Sacko son succès est dû à ”l’attrait global pour la culture africaine … Et je pense que c’est ce qui aide aussi à ce que cela marche et qu’on ait autant de clients qui soient curieux de découvrir tous ces éléments dont ces épices par exemple.”

Mais le jeune chef reste réaliste et prudent. Car cet attrait ne doit pas rester une mode. Les jeunes chefs africains doivent être attentifs à rendre pérenne cette nouvelle tendance.