Vers la recherche de l’équilibre, pour une alimentation saine et durable

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De belles pommes dans les mains d'un enfant

La relation entre santé publique et agriculture n’est plus à démontrer. On assiste depuis plusieurs années à l’avènement des produits « bio », exempts de – la plupart – produits chimiques et réputés plus favorables à la santé. Et pourtant, les modes industriels de production dans l’agriculture ne sont pas en régression pour autant. L’alimentation industrielle inonde encore les marchés.

Les conditions de production, les habitudes prises au cours des six dernières décennies, et la réglementation de plus en plus contraignante en matière de présentation et de calibrage des produits sont en cause.

Pour cette dernière, il devient de plus en plus difficile d’obtenir des produits « présentables naturellement ». De ce fait, l’utilisation des produits phytosanitaires regagne du terrain, faisant le grand bonheur des géants de l’agrochimie. Au moindre risque, pour éviter de voir sa responsabilité engagée, le producteur « se rue » sur les produits phytosanitaires.

L’exemple le plus courant : le pommier de culture dans une exploitation intensive reçoit par an 22 fongicides, 9 insecticides, 2 herbicides, 2 régulateurs de croissance soit 25 traitements. Si l’année est propice aux parasites, le nombre de traitements peut monter à 43. L’élevage est également touché.

Rompre le cercle vicieux de la dépendance à la chimie

Le recours aux produits chimiques, devenu un réflexe, aussi bien en matière de prévention que de traitement, engendre des végétaux plantes et des animaux plus fragiles, plus sensibles et surtout dépendants de ces substances. Il en est de même pour les êtres humains, qui en consomment de plus en plus directement ou par le biais de l’alimentation. Une consommation en hausse depuis la crise sanitaire mondiale.

Traiter le problème en amont

Il serait plus sage et plus efficace de remonter à la source du problème en essayant de restaurer un écosystème favorable au développement des défenses naturelles des êtres vivants. Agir plutôt sur le terrain en laissant le sol se couvrir de végétation dans les cultures ou associer diverses plantes pour créer un équilibre entre les espèces. On peut aussi développer des races plus rustiques, plus anciennes plus robustes et qui demandent moins de soins.

Respecter le goût et garantir le plaisir

Au même titre que la qualité nutritionnelle, le goût est un élément essentiel lorsque l’on parle d’alimentation. Il compte au moins autant que la présentation, le calibrage, la couleur. Le plaisir de manger devrait rester la priorité car il contribue bel et bien à notre bien-être.

Dépasser les débats stériles

Il ne s’agit pas d’adopter une position radicale, rejetant toute forme de thérapie médicamenteuse, que ce soit pour les hommes, pour les végétaux ou les animaux. Ne perdons pas de temps dans des débats « pro » ou « anti » phytosanitaire, vaccin, etc., qui n’aboutissent à rien. L’essentiel c’est de savoir que le recours à ces procédés thérapeutiques pour l’alimentation devrait être une réponse à une situation d’exception et ne devrait donc pas s’inscrire dans le temps.

Pénaliser les produits industriels

Les produits alimentaires ultra transformés ne devraient pas bénéficier des mesures incitatives telles que la réduction de la TVA à 5,5%. On sait aujourd’hui qu’ils participent à la hausse de l’obésité, aux problèmes cardiovasculaires. Il devraient être taxés à hauteur des autres produits industriels. Les recettes ainsi collectées pouvant être réinvesties pour développer des modes de production sains.

Développer les recherches en agro écologie

Produire « naturellement » ne signifie pas « attendre que la nature fasse son œuvre ». C’est une pratique qui s’appuie sur des siècles d’agriculture et qui fait l’objet de recherches constantes. Les récentes connaissances sur l’environnement, acquises ces 20 dernières années, ouvrent de nouvelles perspectives. C’est avant tout un engagement de chaque producteur et une exigence des consommateurs.

Laisser « fonctionner » le sol en équilibre et se contenter de l’accompagner du mieux possible demande, à la fois un changement d’habitude et un vrai savoir-faire, fruit de l’expérience et de la recherche. Il s’agit, non plus de soigner une production rendue fragile à force de médecine, mais de développer du vivant selon les saisons ; de ne faire appel à la médecine qu’en s’interrogeant sur les causes profondes des déséquilibres.

Pour revenir aux pommiers de départ, on constate que non traité ils sont malades, plus résistants que ceux traités massivement… Mais aussi un peu moins productif. Un vrai choix de société !